Indications géographiques des produits artisanaux : une nouvelle étape pour le Santon de Provence et l’Espadrille catalane

Le régime européen des indications géographiques connaît une évolution majeure avec l’entrée en vigueur du règlement (UE) 2023/2411, qui étend, pour la première fois, la protection des indications géographiques aux produits artisanaux et industriels. Jusqu’alors réservé aux produits agricoles et agroalimentaires, ce dispositif offre désormais aux artisans un véritable outil de protection de leurs savoir-faire et de valorisation de leur ancrage territorial.

Une première illustration concrète de cette réforme est intervenue le 26 juin 2026, avec la publication au Journal officiel et au BOPI / Indications géographiques de deux avis annonçant l’ouverture de la procédure nationale d’opposition concernant les demandes d’enregistrement de l’Espadrille catalane et du Santon de Provence.

  1. Un contrôle en deux temps : les rôles de l’INPI et de l’EUIPO

Conformément au règlement européen et à la décision du directeur général de l’INPI du 9 avril 2026, chaque demande est soumise à une procédure nationale d’opposition de deux mois. Durant cette période, toute personne justifiant d’un intérêt légitime peut consulter le cahier des charges et formuler une opposition motivée.

Cette phase constitue un filtre essentiel avant l’examen européen. L’INPI exerce désormais un rôle inédit en assurant l’instruction nationale des demandes en vérifiant notamment :

  • La représentativité du groupement demandeur ;
  • La conformité du cahier des charges aux exigences européennes ;
  • La délimitation de l’aire géographique concernée ;
  • L’existence d’un lien réel entre le produit, son savoir-faire et son territoire d’origine.

Une fois cette étape franchie, le dossier est transmis à l’EUIPO qui conduit l’examen européen avant de statuer sur l’enregistrement définitif.

  1. Les enjeux d’une telle reconnaissance à l’échelle européenne

Au-delà d’une simple reconnaissance symbolique, l’obtention d’une indication géographique permettra aux producteurs concernés de réserver l’usage de la dénomination aux seuls opérateurs respectant le cahier des charges.

Elle constituera également un levier efficace pour lutter contre les usurpations, les imitations et les pratiques de concurrence déloyale au sein du marché européen.

Ces deux candidatures illustrent ainsi les premières applications concrètes du nouveau régime européen des indications géographiques des produits artisanaux et industriels, appelé à devenir un instrument majeur de protection du patrimoine économique, culturel et artisanal des territoires.

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Julie Gautier

Avocate collaboratrice

Inscrite au barreau de Marseille depuis 2021, Julie possède un Master 1 en droit des affaires, un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle ainsi qu’un DJCE. Ses expériences au sein de Cabinets d’avocats et d’entreprises comme le Groupe M6 lui permettent de saisir les enjeux complexes de la propriété intellectuelle et d’accompagner les créateurs et entrepreneurs dans leurs besoins en la matière.

Egalement médiatrice, cette compétence enrichit sa pratique du droit pour faciliter le dialogue en cas de conflit et favoriser des solutions amiables et créatives.

Passionnée par la transmission, Julie intervient en tant que chargée d’enseignement au sein du Groupe Mediaschool où elle enseigne le droit du numérique. Elle accompagne aussi régulièrement les étudiants dans leur orientation professionnelle via la plateforme Myjobglasses pour partager son expérience.

En parallèle de son activité, Julie a été membre élue de la Commission du Jeune Barreau de Marseille de 2021 à 2024 et est membre de plusieurs associations, dont :

Julie adore l’artisanat et la culture provençale, et aime participer à la protection de ces domaines. Elle pratique également le yoga et la randonnée, des activités qui renforcent la concentration et la persévérance, des qualités essentielles pour exercer la profession d’avocat.

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